3. L’importance de laisser respirer l’espace
Le caractère d’une cuisine ne dépend pas seulement de ce qu’on y ajoute, mais aussi, et peut-être surtout, de ce qu’on choisit de ne pas montrer.
Les cuisines haut de gamme misent souvent sur une certaine retenue. Les électroménagers disparaissent derrière les façades, les rangements fermés remplacent l’accumulation d’objets visibles et les tablettes volontairement épurées permettent aux volumes et à la lumière de s’exprimer. Quelques objets soigneusement choisis auront davantage d’impact qu’une multitude d’accessoires accumulés sur les surfaces.
De la même manière, une palette de matériaux restreinte contribue à adoucir la lecture de l’espace. Cette approche laisse une place essentielle au vide, ou à ce que les architectes appellent parfois l’espace négatif. L’absence devient alors un élément de composition à part entière.
Dans la théorie architecturale, le vide est d’ailleurs compris non pas comme une simple absence, mais comme une condition spatiale structurante qui donne un sens aux masses, aux proportions et à l’expérience humaine. (Kahn, 1971; Norberg-Schulz, 1980)
La psychologie environnementale montre d’ailleurs que notre cerveau perçoit plus facilement les espaces où les lignes sont continues et où les stimuli visuels sont réduits. Résultat : une cuisine qui paraît plus apaisante, plus ordonnée et souvent plus vaste qu’elle ne l’est réellement.
Le vide, en architecture, n’est jamais un manque. C’est un espace de transition et d’équilibre qui permet aux autres éléments de trouver leur juste place.